Centres Recherche Conscience Québec: Excellence Académique

Centres Recherche Conscience Québec: Excellence Académique

Updated: April 2026

Réponse Rapide

Les principaux centres de recherche sur la conscience au Québec comprennent le CERNEC (Université de Montréal/UQAM), le Neuro de McGill, le Centre de recherche du CHUL à l'Université Laval, et le Centre for Studies in Behavioral Neurobiology de Concordia. La tradition phénoménologique française, les savoirs des onze nations autochtones du Québec, et les fonds FRQ créent un écosystème de recherche distinctement québécois.

Dernière mise à jour: mars 2026
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Points Clés

  • Densité institutionnelle exceptionnelle: Avec quatre universités majeures à Montréal (McGill, UdeM, UQAM, Concordia) et l'Université Laval à Québec, le Québec possède l'une des concentrations de recherche sur la conscience les plus importantes au Canada par habitant.
  • Héritage de Wilder Penfield: Les travaux fondateurs de Penfield sur la cartographie cérébrale au Neuro de McGill dans les années 1930-1960 ont établi Montréal comme l'un des berceaux mondiaux de la neurologie de la conscience, un héritage que les institutions québécoises cultivent activement.
  • Onze nations autochtones, onze traditions: Le Québec est unique en Amérique du Nord par la présence de onze nations autochtones distinctes sur son territoire, chacune avec ses propres cadres de compréhension de la conscience, offrant une richesse sans équivalent pour la recherche interdisciplinaire.
  • La phénoménologie comme avantage distinctif: La tradition philosophique francophone québécoise, héritière de Descartes, Bergson, Merleau-Ponty et Ricoeur, offre des outils conceptuels pour l'étude de la conscience expérientielle que les universités anglophones canadiennes intègrent moins naturellement.
  • Infrastructure de financement solide: Les Fonds de recherche du Québec (FRQ) en trois branches, combinés aux programmes fédéraux IRSC et CRSNG, créent un environnement de financement qui permet des projets interdisciplinaires croisant neurosciences, philosophie, et savoirs autochtones.

L'écosystème de recherche québécois sur la conscience

Le Québec présente une configuration institutionnelle unique pour la recherche sur la conscience en Amérique du Nord. La province combine la densité universitaire d'une grande métropole nord-américaine avec une tradition intellectuelle francophone distincte, une présence autochtone parmi les plus diversifiées du continent, et un système de financement public de la recherche qui encourage l'interdisciplinarité d'une manière que les provinces anglophones répliquent difficilement.

Montréal, avec ses quatre universités de recherche (McGill, Université de Montréal, UQAM, et Concordia), constitue l'un des écosystèmes universitaires les plus denses au monde pour une ville de sa taille. Environ 170 000 étudiants universitaires fréquentent ces quatre institutions simultanément, créant une masse critique de jeunes chercheurs qui alimentent des projets interdisciplinaires sur la conscience. Québec, avec l'Université Laval et ses 45 000 étudiants, offre un pôle secondaire au caractère plus traditionnel et rigoureusement francophone.

Repères institutionnels pour la recherche sur la conscience au Québec

  • CERNEC (Centre de recherche en neuropsychologie et cognition): UdeM et UQAM
  • Le Neuro (Institut neurologique de Montréal): McGill University
  • Centre for Studies in Behavioral Neurobiology (CSBN): Concordia University
  • Centre de recherche du CHUL: Université Laval, Québec
  • CRBLM (Centre for Research on Brain, Language and Music): McGill et partenaires
  • Institut universitaire en santé mentale de Montréal (IUSMM): affilié à l'UdeM
  • Groupe de recherche sur les pratiques contemplatives: UQAM

Ce qui distingue le Québec des autres pôles canadiens de recherche sur la conscience, c'est la superposition de trois traditions épistémiques distinctes dans un espace géographique limité: la tradition scientifique positiviste héritée des sciences naturelles anglosaxonnes (dominante à McGill et dans les départements de neurosciences); la tradition phénoménologique et humaniste héritée de la philosophie continentale française (présente dans les universités francophones); et les épistémologies autochtones des onze nations du territoire. Cette superposition est une source de tension intellectuelle productive que les chercheurs capables de naviguer entre ces traditions transforment en avantages analytiques uniques.

Université de Montréal et le CERNEC

L'Université de Montréal, avec ses 60 000 étudiants et son statut d'université francophone de recherche, abrite certaines des équipes les plus actives en neurosciences cognitives et en psychologie de la conscience au Canada. Son Département de psychologie maintient des laboratoires équipés d'IRMf, d'EEG haute densité, et de systèmes de suivi oculaire pour l'étude des corrélats neuraux de la perception, de l'attention, et de la conscience.

Le Centre de recherche en neuropsychologie et cognition (CERNEC), partagé entre l'UdeM et l'UQAM, regroupe plusieurs dizaines de chercheurs dont les projets couvrent les bases neurales de la mémoire épisodique, les mécanismes attentionnels de la conscience, la neuropsychologie des lésions cérébrales et leurs effets sur les états de conscience, et le développement de la conscience chez l'enfant. Le CERNEC publie régulièrement dans les meilleures revues de neurosciences cognitives et forme chaque année des dizaines de doctorants qui constituent la prochaine génération de chercheurs québécois sur la conscience.

La Faculté de Médecine de l'UdeM et la psychiatrie de la conscience

La Faculté de médecine de l'Université de Montréal, l'une des plus grandes facultés de médecine francophone au monde, contribue à la recherche sur la conscience par ses départements de psychiatrie et de neurologie. L'Institut universitaire en santé mentale de Montréal (IUSMM), affilié à l'UdeM, conduit des recherches sur la schizophrénie (une condition qui altère fondamentalement la conscience de soi et du monde), le trouble bipolaire, et les états dissociatifs. Ces recherches produisent des données sur les limites et les variations de la conscience ordinaire qui informent la compréhension plus large de ce qu'est la conscience normale. L'IUSMM a également commencé à explorer les applications thérapeutiques des états modifiés de conscience, incluant des discussions sur la recherche en psychothérapie assistée par psychédéliques dans le cadre réglementaire canadien évolué.

Le Département de philosophie de l'UdeM maintient une tradition analytique rigoureuse tout en restant ouvert à la phénoménologie et aux approches continentales. Des chercheurs comme Claude Panaccio ont contribué à la philosophie médiévale de l'esprit, enrichissant la compréhension des racines historiques des débats contemporains sur la conscience. Le département accueille régulièrement des colloques sur la philosophie de l'esprit et la philosophie des neurosciences qui attirent des participants internationaux.

McGill University et Le Neuro

L'Institut neurologique de Montréal, fondé en 1934 par Wilder Penfield avec le soutien de la Fondation Rockefeller, représente l'une des contributions canadiennes les plus importantes à la neurologie mondiale. Penfield, en développant ses techniques de cartographie corticale sur des patients éveillés pendant la neurochirurgie, produisit des données sur les bases neurales de la mémoire, du langage et de l'expérience consciente qui restent des références fondamentales dans la littérature sur la conscience.

Les expériences de Penfield dans lesquelles la stimulation électrique directe du cortex temporal de patients éveillés provoquait des "réponses expérientielles" (vivid memories, hallucinations, déjà-vu) constituèrent les premières démonstrations directes que des expériences subjectives spécifiques sont associées à des zones corticales précises. Ces travaux inspirèrent des décennies de recherche sur la localisation des fonctions conscientes et contribuèrent directement aux débats contemporains sur les corrélats neuraux de la conscience (Neural Correlates of Consciousness, NCC).

Le Neuro comme institution ouverte

En 2016, Le Neuro de McGill annonça son passage au modèle de "science ouverte" (Open Science), s'engageant à rendre publiquement accessibles les données, les outils, et les résultats de ses recherches avant même la publication formelle. Cette décision, remarquée internationalement, positionne Le Neuro comme un pionnier de la transparence scientifique. Pour les chercheurs sur la conscience qui souhaitent accéder aux données de neuroimagerie cérébrales de haute qualité générées à Montréal, cette politique d'ouverture est particulièrement précieuse. Le Neuro participe également à des initiatives comme le Human Connectome Project et le Brain Canada Platform, contribuant à des bases de données de connectivité cérébrale à l'échelle internationale.

Le Centre for Research on Brain, Language and Music (CRBLM), basé à Montréal et impliquant McGill, l'UdeM, et d'autres partenaires, étudie les dimensions de la conscience musicale et linguistique. La musique est un domaine particulièrement intéressant pour la recherche sur la conscience parce qu'elle active simultanément des régions cérébrales associées à la perception sensorielle, aux émotions, à la mémoire, à la prédiction temporelle, et à la conscience sociale. Les recherches du CRBLM sur la manière dont la musique modifie les états émotionnels et attentionnels fournissent une fenêtre unique sur les mécanismes de la conscience expérientielle.

Université Laval et le Centre de recherche du CHUL

L'Université Laval, fondée en 1852 comme première université francophone en Amérique du Nord, ancre la recherche sur la conscience dans la capitale québécoise. Son campus en bordure nord de la ville de Québec, avec sa configuration de campus fermé, crée une atmosphère de recherche différente de l'immersion urbaine montréalaise.

Le Centre de recherche du CHUL (Centre hospitalier de l'Université Laval), maintenant intégré dans le Centre de recherche du CHU de Québec, constitue l'infrastructure principale de la recherche clinique sur la conscience à Québec. Ses axes de recherche en neurosciences, psychiatrie et neurologie incluent des projets sur les troubles de la conscience (états végétatifs, état de conscience minimale), la neurobiologie de la dépression et son impact sur la conscience de soi, et les biomarqueurs génétiques des maladies neurodégénératives qui progressivement altèrent la conscience.

La philosophie lavaloise et la tradition cartésienne

Le Département de philosophie de l'Université Laval maintient l'une des traditions les plus rigoureuses de philosophie analytique au Québec tout en honorant l'héritage de la philosophie française classique dont Descartes est la figure tutélaire. Cette double fidélité est particulièrement pertinente pour les études de conscience: Descartes formula pour la première fois le problème corps-esprit sous sa forme moderne (le dualisme corps-esprit, la conscience comme res cogitans distincte de la matière res extensa), et la tradition lavaloise engage cet héritage avec une profondeur historique que les programmes plus récents ne peuvent reproduire. Des chercheurs comme François Lepage et ses travaux en logique de la connaissance contribuent à l'épistémologie de la conscience qui sous-tend la recherche empirique.

L'École de psychologie de l'Université Laval forme des psychologues cliniciens et des chercheurs en psychologie fondamentale dont les travaux touchent directement aux questions de conscience. Des recherches sur la neuropsychologie des émotions, la mémoire autobiographique (qui est constitutive de la conscience narrative de soi), et les applications cliniques de la mindfulness dans la région de Québec sont actives dans ce département.

UQAM et les pratiques contemplatives

L'Université du Québec à Montréal occupe une position distinctive dans le paysage québécois de la recherche sur la conscience. Fondée en 1969 dans l'esprit de la démocratisation de l'accès universitaire, l'UQAM a développé une culture de recherche engagée, attentive aux dimensions sociales et politiques de la connaissance, qui l'a amenée à intégrer des perspectives souvent marginalisées dans les universités plus traditionnelles.

Le Département de psychologie de l'UQAM s'est distingué par son ouverture aux approches contemplatives dans la recherche clinique. Des chercheurs de l'UQAM ont conduit des études pionnières sur l'efficacité de la réduction du stress basée sur la pleine conscience (MBSR) dans des populations québécoises, adaptant et validant des protocoles originalement développés par Jon Kabat-Zinn à l'Université du Massachusetts pour le contexte culturel et linguistique francophone. Ces adaptations ont produit des outils de mesure et des protocoles d'intervention validés en français qui sont maintenant utilisés dans l'ensemble du monde francophone.

Le Groupe interdisciplinaire de recherche en pratiques contemplatives

Un des développements les plus intéressants dans la recherche québécoise sur la conscience est l'émergence à l'UQAM d'un groupe de recherche interdisciplinaire sur les pratiques contemplatives qui réunit des psychologues cliniciens, des philosophes, des anthropologues, et des praticiens de traditions méditatives diverses. Ce groupe examine les pratiques contemplatives non seulement comme outils thérapeutiques (ce qui est le cadre dominant dans la recherche sur la mindfulness) mais comme systèmes élaborés de connaissance sur la conscience avec leurs propres épistémologies et leurs propres méthodologies d'investigation. Cette approche, influencée par les travaux de Francisco Varela, Evan Thompson et Eleanor Rosch sur la cognition incarnée et les sciences contemplatives, représente une alternative au réductionnisme neuroscientifique dominant.

Les onze nations autochtones du Québec

Le Québec est la seule province canadienne où onze nations autochtones distinctes sont officiellement reconnues et maintiennent une présence culturelle active sur le territoire provincial: Abénakis, Algonquins (Anishinaabe), Attikameks, Cris, Hurons-Wendat, Innus (Montagnais), Malécites, Micmacs (Mi'gmaq), Mohawks (Haudenosaunee), Naskapis, et Inuits. Pour la recherche sur la conscience, cette diversité représente une ressource extraordinaire et une responsabilité éthique importante.

Chacune de ces nations possède des traditions épistémiques distinctes concernant la nature de la conscience, les relations entre l'être humain et les autres formes d'existence, les pratiques de cultivation de la conscience à travers la cérémonie et la vie quotidienne, et les conceptions de la guérison comme restauration de la conscience à son état naturel de relation. Cette diversité dépasse de loin ce que l'on trouve dans tout autre territoire provincial canadien.

Attikamekw et la conscience de la forêt boréale

La Nation Attikamekw, dont le territoire Nitaskinan couvre une large région de la haute Mauricie et du Lac-Saint-Jean, maintient une relation particulièrement intense avec la forêt boréale qui constitue un cadre de conscience distinctif. Les Attikamekw nomades de la forêt (jusqu'à récemment semi-nomades) ont développé des états de conscience adaptés à la navigation, à la chasse, et à la vie en forêt dense qui impliquent des modes d'attention panoramique, de lecture des signes environnementaux, et d'intégration sensorielle très différents des états de conscience cultivés dans les traditions urbaines et agricoles. La langue attikamekw elle-même, avec ses structures verbales complexes qui expriment la direction, l'animéité, et la relation spatiale comme catégories grammaticales fondamentales, encode une forme de conscience orientée vers la relation dynamique avec l'environnement que les chercheurs intéressés par l'hypothèse Sapir-Whorf (l'influence de la langue sur la pensée) trouveront particulièrement intéressante.

La recherche menée en partenariat avec ces nations doit suivre les principes de recherche autochtone développés notamment par l'Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador et par le Regroupement des centres d'amitié autochtones du Québec. Les principes PCAP (Propriété, Contrôle, Accès, Possession), équivalents des principes OCAP anglais, guident la recherche collaborative respectueuse. Des fonds spécifiques du Programme autochtone des IRSC soutiennent les recherches conduites en partenariat avec les nations autochtones québécoises.

La tradition phénoménologique française

Un des avantages distinctifs de la recherche québécoise sur la conscience par rapport aux institutions anglophones canadiennes est sa relation naturelle avec la tradition phénoménologique française. Cette tradition, qui prend sa source dans les travaux d'Edmund Husserl (allemand, mais fondateur d'une tradition développée par des penseurs francophones majeurs) et se déploie à travers Merleau-Ponty, Sartre, Ricoeur, Levinas et leurs successeurs contemporains, offre des outils analytiques pour l'étude de la conscience expérientielle que les approches analytiques anglaises ont souvent négligés.

Maurice Merleau-Ponty, dont la phénoménologie de la perception insiste sur le corps comme sujet de l'expérience (la conscience comme fondamentalement incarnée plutôt que désincarnée), anticipe d'une génération les développements contemporains en sciences cognitives incarnées (embodied cognition) qui sont maintenant au cœur des théories scientifiques de la conscience les plus avancées. Les chercheurs québécois formés dans la tradition phénoménologique peuvent mobiliser ce patrimoine conceptuel avec une aisance que leurs collègues exclusivement formés dans la tradition analytique ne possèdent pas naturellement.

Francisco Varela et les sciences contemplatives: un héritage québécois?

Francisco Varela, biologiste et philosophe chilien qui développa avec Humberto Maturana la théorie de l'autopoïèse (les systèmes vivants comme systèmes auto-organisateurs qui créent leur propre organisation), passa une partie significative de sa carrière à Paris et contribua à la fondation du Mind and Life Institute en collaboration avec le Dalaï-Lama. Ses travaux, notamment le livre The Embodied Mind (avec Thompson et Rosch), qui intégrait la phénoménologie husserlienne, la biologie de Maturana, et la cognition bouddhiste, ont exercé une influence considérable sur la recherche québécoise sur la conscience. Les chercheurs de l'UQAM et de l'UdeM citent Varela comme une référence centrale pour l'articulation entre traditions contemplatives et sciences cognitives, une articulation que la position culturelle bilingue et biculturelle du Québec permet d'habiter particulièrement bien.

Financement FRQ et accès aux programmes

Les Fonds de recherche du Québec (FRQ) constituent le principal mécanisme de financement provincial de la recherche québécoise sur la conscience. Organisés en trois branches thématiques (Santé, Société et culture, Nature et technologies), les FRQ soutiennent des projets qui combinent fréquemment des éléments relevant de plusieurs branches, une réalité particulièrement fréquente dans les études de conscience.

Le FRQ-Santé finance les projets de recherche sur les bases biologiques et cliniques de la conscience: neuroimagerie des états de conscience, études sur les troubles de la conscience, recherche sur les effets des psychédéliques dans des contextes thérapeutiques supervisés, et travaux sur la relation entre conscience et santé mentale. Le programme de Chercheurs-boursiers du FRQ-Santé permet aux jeunes chercheurs de consacrer 75% de leur temps à la recherche, un soutien déterminant pour développer des programmes de recherche cohérents sur la conscience qui requièrent plusieurs années d'investissement continu.

Le FRQ-Société et culture finance les dimensions philosophiques, anthropologiques, et culturelles de la recherche sur la conscience: philosophie de l'esprit, études des traditions contemplatives autochtones québécoises (avec les partenariats communautaires requis), histoire des idées sur la conscience, et recherche sur les expériences de conscience collectives dans des contextes culturels ou artistiques. Ce fonds est essentiel pour maintenir la diversité épistémique dans la recherche québécoise sur la conscience, car sans lui, la logique de financement tendrait à réduire la conscience à ses seules dimensions biologiques mesurables.

Recherche en méditation et pleine conscience

Le Québec est devenu, par ses institutions universitaires et son réseau de centres de pratique, l'un des principaux centres de recherche sur la méditation et la pleine conscience en Amérique francophone. Cette position résulte d'une combinaison de facteurs: la présence de chercheurs pionniers qui ont développé des outils d'évaluation en français, un réseau de centres de pratique qui coopèrent avec les universités, et une demande clinique forte pour des interventions de pleine conscience qui a alimenté les financements de recherche.

Les centres de méditation québécois qui ont contribué à la recherche comprennent: le Centre de méditation Shambhala de Montréal, avec ses liens avec la tradition tibétaine et ses contacts avec les cercles universitaires; plusieurs centres Vipassana dans les Laurentides et l'Estrie qui ont fourni des populations de méditants expérimentés pour des études de neuroimagerie; et les programmes de mindfulness en milieu clinique développés dans plusieurs hôpitaux affiliés aux universités montréalaises.

Les Laurentides comme terrain de retraite contemplative

La région des Laurentides, montagnes anciennes et arrondies du Bouclier canadien situées au nord de Montréal, abrite une concentration exceptionnelle de centres de retraite contemplative dans un rayon de 100-150 km de la métropole. Des centres bouddhistes (Centre Thérèse et Zen, Ordre de l'Interbeing de Thich Nhat Hanh), des centres de méditation chrétienne contemplative, et des propriétés de retraite indépendantes utilisent le paysage laurentien (lacs, forêts mixtes, silence hivernal profond) comme contexte pour l'approfondissement de la pratique. La population de méditants expérimentés qui se constitue dans ce réseau représente une ressource précieuse pour la recherche de Montréal sur les effets à long terme de la pratique contemplative sur la conscience.

La recherche sur la pleine conscience au Québec se distingue des études anglophones par sa sensibilité aux dimensions culturelles et linguistiques de l'expérience méditative. Des chercheurs de l'UQAM ont documenté comment la traduction et l'adaptation culturelle des protocoles de mindfulness du contexte anglophone au contexte québécois modifie non seulement la forme des interventions mais potentiellement leurs effets, en raison des cadres de référence culturels différents que les participants apportent à la pratique. Ces travaux contribuent à une compréhension plus nuancée de la conscience comme phénomène à la fois universel et culturellement situé.

Foire Aux Questions

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Quels sont les principaux centres de recherche sur la conscience au Québec?

Les principaux centres de recherche sur la conscience au Québec comprennent le Centre de recherche en neuropsychologie et cognition (CERNEC) de l'Université de Montréal, le Centre for Research on Brain, Language and Music (CRBLM) affilié à McGill, l'Institut universitaire en santé mentale de Montréal (IUSMM), le Centre de recherche du CHUL à Québec affilié à l'Université Laval, et le Centre for Studies in Behavioral Neurobiology de l'Université Concordia. Ces centres couvrent ensemble les dimensions neuroscientifiques, cognitives, linguistiques, psychiatriques et comportementales de la conscience.

Comment l'Université Laval contribue-t-elle à la recherche sur la conscience?

L'Université Laval, avec ses 45 000 étudiants et son campus à Québec, contribue à la recherche sur la conscience principalement par son Département de psychologie, son Département de philosophie, et son Centre de recherche du CHUL. Les chercheurs lavalois ont produit des travaux significatifs sur la neuropsychologie de la mémoire, les bases neurales du langage et de la conscience, les états modifiés de conscience, et la philosophie de l'esprit dans la tradition analytique. Le programme en neurosciences de l'Université Laval forme des chercheurs de calibre international grâce à ses collaborations avec les Instituts de recherche en santé du Canada.

Quelle est la contribution de l'UQAM à la recherche sur la conscience et la cognition?

L'Université du Québec à Montréal (UQAM) apporte une dimension distincte à la recherche québécoise sur la conscience grâce à son Département de psychologie et son Centre de recherche en neuropsychologie et cognition (CERNEC, partagé avec l'Université de Montréal). L'UQAM se distingue par son orientation vers les dimensions sociales, culturelles et pratiques de la conscience, incluant des recherches sur la pleine conscience en contexte clinique, la psychologie interculturelle de la conscience, et l'intégration des savoirs autochtones dans les cadres de compréhension psychologique.

Comment McGill University se positionne-t-elle dans la recherche québécoise sur la conscience?

McGill University est une institution québécoise centrale dans la recherche sur la conscience. Son Département de Neurologie et Neurochirurgie, Le Neuro (Institut neurologique de Montréal), est l'un des plus importants centres de neurosciences au monde. Les chercheurs de McGill ont produit des découvertes fondamentales sur la neurologie de la conscience, notamment les travaux classiques de Wilder Penfield sur la cartographie cérébrale, et les recherches contemporaines sur l'anesthésie et la conscience, les états végétatifs, et les bases neurales de l'expérience subjective.

Quelles nations autochtones du Québec contribuent aux études sur la conscience?

Onze nations autochtones habitent le territoire québécois: Abénakis, Algonquins, Attikameks, Cris, Hurons-Wendat, Innus, Malécites, Micmacs, Mohawks, Naskapis, et Inuits. Chacune possède des traditions distinctes de connaissance sur la conscience, l'identité, et la relation entre l'être humain et son environnement. Des organisations comme le Conseil de la Nation Atikamekw, le Grand Conseil des Cris, et la Nation Huronne-Wendat de Wendake maintiennent des programmes actifs de transmission des savoirs qui constituent des ressources pour les chercheurs qui établissent des partenariats respectueux.

Quels fonds de recherche québécois financent les études sur la conscience?

La recherche sur la conscience au Québec bénéficie de plusieurs sources de financement provinciales et fédérales. Les Fonds de recherche du Québec (FRQ) comprennent trois branches pertinentes: FRQ-Santé, FRQ-Société et culture, et FRQ-Nature et technologies. Au niveau fédéral, les Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC) et le Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie (CRSNG) financent des projets pertinents. Les Grands défis Canada financent des initiatives innovantes incluant des projets d'interface entre conscience, santé mentale et savoirs traditionnels.

Existe-t-il des programmes d'études supérieures en philosophie de l'esprit au Québec?

Oui, plusieurs universités québécoises offrent des programmes d'études supérieures pertinents pour la philosophie de l'esprit et la conscience. L'Université de Montréal et l'UQAM proposent des doctorats en philosophie avec des concentrations en philosophie de l'esprit et philosophie des sciences cognitives. L'Université Laval maintient un programme de philosophie analytique reconnu. McGill University offre des programmes en philosophie et en sciences cognitives couvrant philosophie, psychologie, linguistique, neuroscience et informatique.

Comment la tradition phénoménologique française influence-t-elle la recherche québécoise sur la conscience?

La tradition phénoménologique française, représentée par des philosophes comme Maurice Merleau-Ponty, Jean-Paul Sartre et Paul Ricœur, exerce une influence significative sur la recherche québécoise sur la conscience que l'on ne retrouve pas dans les universités anglophones canadiennes. Les programmes de philosophie des universités francophones québécoises accordent une place substantielle à la phénoménologie husserlienne et à ses développements contemporains. Cette tradition offre des outils conceptuels pour articuler la dimension expérientielle de la conscience que les approches purement neuroscientifiques ne capturent pas facilement.

Quelles recherches sur la pleine conscience et la méditation se font au Québec?

Le Québec est devenu un centre important de recherche sur la pleine conscience en Amérique francophone. L'UQAM héberge des chercheurs spécialisés dans les applications cliniques de la méditation, notamment la MBSR et la MBCT. L'Université de Montréal a conduit des études sur les corrélats neuraux de la méditation en utilisant l'IRMf et l'EEG. Des centres de pratique comme le Centre de méditation Kadampa de Montréal et plusieurs centres Vipassana coopèrent parfois avec les universités pour les études de terrain.

Comment accéder aux ressources et aux chercheurs en études de conscience au Québec?

Pour accéder aux ressources en études de conscience au Québec, plusieurs voies existent: les programmes de conférences publiques des universités (l'Université de Montréal, McGill et l'Université Laval tiennent des cycles de conférences ouverts au public en neurosciences et philosophie); les colloques annuels de l'Association canadienne de philosophie; les journées portes ouvertes des centres de recherche comme le CERNEC; et les événements interdisciplinaires comme le symposium du Centre interuniversitaire de recherche sur la science et la technologie. Pour les étudiants, les programmes de cycles supérieurs dans les départements de psychologie, philosophie et neuroscience constituent l'accès le plus direct à la recherche active.

Sources et références

  • Centre de recherche en neuropsychologie et cognition (CERNEC). Axes de recherche et membres. Université de Montréal, 2025. cernec.umontreal.ca
  • L'Institut neurologique de Montréal. Open Science at The Neuro. McGill University, 2025. mcgill.ca/neuro
  • Penfield, W., and Rasmussen, T. The Cerebral Cortex of Man. Macmillan, 1950.
  • Varela, F.J., Thompson, E., and Rosch, E. The Embodied Mind: Cognitive Science and Human Experience. MIT Press, 1991.
  • Merleau-Ponty, M. Phénoménologie de la perception. Gallimard, 1945.
  • Fonds de recherche du Québec. Programmes de financement 2025-2026. Gouvernement du Québec, 2025. frq.gouv.qc.ca
  • Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador. Principes de recherche autochtone. APNQL, 2024. apnql.com
  • Kabat-Zinn, J. Full Catastrophe Living. Bantam Dell, 1990. (Base du programme MBSR adapté en contexte québécois)
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